AVIS DE PARUTION : MARS 2016

Publié le par editionsdechamptin

AVIS DE PARUTION : MARS 2016

Camille FABRE (1874-1945)

 

Roman d’un homme qui voulut vivre et comprendre la

3e République

 

ISBN 978 29 5 196689 5, tirage : 400 exemplaires, prix : 20 € - Éditions de Champtin

 

 

Présentation du livre

 

 

1874-1914 : première partie du roman

 

Le 13 mai 1944, Camille Fabre achève, date et signe son manuscrit. S’il le signe Albert Loufabro, « c’est qu’il ne faudrait pas deux Fabre » ; l’autre, c’est Henri, son frère cadet, qui deviendra l’illustre fondateur des Hommes du Jour, des Hommes du Peuple et de la Corrèze Républicaine et Socialiste.

 

Mais Loufabro nous prévient. Corrézien né à Ussel en 1874, il n’a longtemps connu qu’un prénom : « Albert », qu’il aurait tenu du père adoptif de sa mère, un prêtre. Ce dernier, qui s’était promis de l’éduquer et d’en faire un curé, décéda avant que l’enfant ne soit en âge de quitter le giron maternel. Cette séparation d’avec sa mère s’effectuera plus tard, dans des conditions sordides — lot des miséreux — que Camille ne pardonnera pas à la société bourgeoise capitaliste.

 

La première période du livre couvre l’enfance, le noviciat, l’expérience sociale, l’armée, l’engagement libertaire de Camille, la chine, la reprise individuelle, la prison. C’est un récit, une œuvre en soi, « où l’invention n’a aucune part ». Camille précise qu’il faut revivre un évènement pour bien l’écrire. C’est dans un climat teinté d’un jésuitisme fort en conditionnement que Camille voit poindre en lui, très jeune, l’exigence de comprendre l’homme et les injustices qui l’affectent. C’est ce qui le sauve pour l’humanité et le perd pour la société. Ses jours ont-ils été rythmés par la confession ? C’est sur ce mode qu’il construit son récit, sans tabou. De la vie communautaire « confortable », il retient, bénéfique, la notion de « frère » et de partage. Il ne haïra point les hommes mais les conditionnements.

 

Sa première intention est d’écrire un roman édifiant « la jeunesse sur les erreurs à ne pas commettre lorsque l’on découvre l’injustice et les iniquités sociales », mais l’écriture s’élabore finalement en deux temps, recouvrant deux périodes de l’existence de l’auteur. Deux projets d’écriture, distincts, se succèdent.

 

Lorsque Camille, ne pouvant dominer sa sexualité, rompt avec la soutane, il rejoint sa mère (qui subvient à la pension d’une petite Jeanne) et Riri, à Paris. Dès lors, ce cher Henri devient sa « bonne étoile ». Dans la dureté de la vie parisienne, Camille entend l’éclat des bombes des anarchistes. Sa colère envers sa condition sociale trouve un écho qui fait naître en lui l’espoir d’une fraternité humaine qui se révolte. Il en sera, encore faut-il en trouver le chemin. Le jeune homme n’a aucun bagage. Professionnellement, ses expériences humiliantes d’homme de maison ne l’ont conduit qu’à découvrir l’impitoyable bourgeoisie. Les deux frères perdent leur mère et, chômeurs, décident de cheminer à pied à travers la France. Pour survivre, ils usent de la « chine ». D’autres vagabonds les y initient. Camille a hâte d’atteindre l’âge de s’engager à l’armée. C’est affamé qu’il y parvient… Sa tentative échoue : l’armée le rebute vite par ses procédés brutaux.

 

Mais voilà qu’il rencontre l’anarchie sous les traits de Sébastien Faure, venu à Toulon pour y donner trois conférences ; elles illuminent le pioupiou. Il apprend à théoriser. Découvrant à l’armée sa capacité physique à endurer des épreuves, il parvient à se faire réformer.

 

Ni les Jésuites, ni les drapeaux ne l’auront retenu. À Toulon, Camille s’est fait des amis, anarchistes évidemment ; il connait des réseaux… Retrouvant Henri et la liberté, il reprend la chine, convertit son frère à la manière libertaire de concevoir la vie, poursuit son militantisme. Bientôt, Libertad l’accueille chez lui et même lui ouvre la possibilité du métier de correcteur et d’une vie plus sédentaire. Mais l’impétueux Camille rate ce qui aurait pu décider autrement de sa vie.

 

À nouveau, la chine, donc, la révolte bien sûr… puis un faux pas — avec un compagnon adepte de la reprise individuelle — dans une église, celle de Bugeat ; puis les prisons. La première le ramène à Ussel ; il connaîtra celles de Riom et de Thouars. La sentence est sévère : dix années de réclusion. Nous sommes en mars 1900. Camille accomplit six années bien tassées de détention avant la libération conditionnelle. La description, intelligente et minutieuse, qu’il fait de ses enfermements est édifiante.

 

Le 27 décembre 1906, Camille est libéré ; mais ses déplacements sont limités par une lourde interdiction de séjour. Il élit la Meurthe-et-Moselle avec le projet d’y établir une communauté agricole. Notre homme bâtit sa maison à proximité d’une forêt et s’y installe avec Louise, dont il attend rapidement un enfant. Tentant de se sédentariser, il devient négociant en vin à Neuves-Maisons, avec un appui matériel de son frère.

 

1914-1944 : Deuxième partie du livre

 

« Sache donc qu’avec les quelques pages qui vont clore ce chapitre, tu pourras considérer comme achevé ce que je m’étais proposé de te dire dans un livre que j’aurais publié probablement vers 1916 ou 1917, sans le conflit guerrier qui en décida autrement. » Ici prend fin le premier projet du livre. « Ce qui suivra constitue le livre d’un homme qui cherche, et trouve pour sa conscience, des consolidations et des clartés nouvelles. »

 

Ce qui suit, c’est avant tout la guerre. Camille opte pour combattre, remettant à plus tard l’action politique de terrain. Grièvement blessé en 1916, lors d’un cours d’instruction — borgne, manchot, demi-sourd, soit grand mutilé — l’homme doit continuer d’assurer la subsistance de son épouse et de ses deux enfants. Henri le sauve encore, lui proposant d’être l’administrateur et le comptable du Journal du Peuple, tâches auxquelles s’ajoute celle de répondre au courrier des lecteurs en matière juridique, spécialisation : les dommages de guerre.

 

Grâce au Dalloz qu’il explore en autodidacte, il devient juriste et fonde sa propre affaire : « L’entr’aide juridique ». Quand il se sépare du Journal du Peuple, il embrasse le marxisme et fonde l’Almanach du Peuple, 1917-1922. La fin du manuscrit s’avère souvent théorique, chargée d’une intention pédagogique.

 

Avec la deuxième Guerre, fuyant Étampes, Camille se réfugie à Falaise. Meurtri, fébrile, il décrypte les causes de la catastrophe mondiale. Il observe, analyse et relie ce qu’il découvre et vit. Le conflit guerrier a été suscité par les impérialismes capitalistes, en réponse à la menace que constitue l’Union soviétique. Mais dès lors que cette jeune puissance révolutionnaire prouve sa détermination à anéantir l’ennemi commun — le fascisme —, il ne fait aucun doute, pour l’auteur, que le communisme marque une avancée exemplaire pour l’humanité, que n’auront qu’à suivre les démocraties, notamment la française, déjà illustre par sa combativité en matière sociale.

AVIS DE PARUTION : MARS 2016
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Publié dans Camille Fabre